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Dès le VIIe siècle av. J.-C., la région provençale fut colonisée par les Grecs. Ceux-ci fondèrent notamment la cité de Massalia, future Marseille. La région vécut en relative quiétude jusqu'au IIe siècle av. J.-C. lorsque, à la faveur du déclin de la civilisation grecque, commencèrent à apparaître des dissensions entre les Massaliotes et les peuples ligures et celtes qui étaient établis dans la région. Profitant de ces discordes, les Romains envahirent la région et, en 125 av. J.-C., en firent la Provincia Romana. C'est de cette appellation romaine que découle aujourd'hui, à peine transformé par le temps, le nom de Provence. La Provence fut le foyer de la romanisation de la Gaule, à laquelle elle fut réunie en 27 apr. J.-C. Selon la tradition chrétienne, la région aurait été le lieu de débarquement (aux Saintes-Maries-de-la-Mer) de Lazare, Marie Jacobé, Marthe, Marie-Salomé et Marie-Madeleine, et leur servante Sara. Néanmoins, il semble que le christianisme ne se soit vraiment développé en Provence qu'après la conversion de Constantin, qui fit d'Arles sa ville favorite en Occident, aux dépens des autres grandes cités provençales, Aix, Marseille ou Nîmes. Les invasions germaniques mirent à mal la prospérité et la quiétude provençales. La région fut alors partagée entre les différentes puissances barbares. En 471, les Wisigoths prirent Arles et, entre 476 et 508, la région fut partagée entre Burgondes et Wisigoths. À partir de 508, les Ostrogoths succédèrent à ces deux puissances et, se considérant comme les mandataires de l'empereur d'Orient, restaurèrent les institutions romaines. Convertis au catholicisme, ils firent de la Provence l'un des grands foyers du monachisme aux VIe et VIIe siècles, notamment avec la création des monastères de Lérins ou de Saint-Victor. En 536, la Provence entra dans le royaume franc et passa successivement aux mains de plusieurs maîtres, au gré des partages successoraux des rois francs. Dans la première moitié du VIIIe siècle, la situation s'aggrava encore avec les invasions arabes. Ces invasions suscitèrent, entre 736 et 740, une implacable répression par Charles Martel, qui dégagea pour un temps la région de la pression des Sarrasins. Sous les Carolingiens, la Provence retrouva un semblant de tranquillité malgré la menace permanente des Arabes. La dislocation de l'empire fondé par Charlemagne, à la suite des nombreux partages successoraux, mena, en 855, à la création d'un royaume de Provence autonome. Menacé, attaqué sans cesse par les Sarrasins mais aussi par les Normands, qui s'implantèrent alors en Méditerranée, le royaume passa aux rois de Bourgogne et au Saint Empire romain germanique en 1032. Les invasions sarrasines favorisèrent le développement de la féodalité. Aussi, au XIe siècle, la Provence avait changé de visage par rapport à la Provence antique. Les villes avaient perdu une bonne part de leur importance au profit des seigneuries rurales. Cependant, les XIe et XIIe siècles virent les villes retrouver une certaine autonomie grâce à l'essor de la vie économique. Les chartes de franchise établirent progressivement le pouvoir des « consuls » sur l'administration urbaine au détriment de celui des seigneurs. Cette prospérité urbaine fut la source du style roman provençal et de l'art des troubadours qui essaima partout en Europe. Malgré tout, la région restait une proie pour les puissances voisines. Convoitée par la Catalogne et les comtes de Toulouse, la Provence subit plusieurs expéditions royales françaises. Ainsi, en 1226, Louis VIII mit le siège devant Avignon et, en 1229, le traité de Paris fit passer entre les mains du roi de France toutes les terres situées sur la rive droite du Rhône, tandis que celles situées à l'ouest du fleuve restaient sous la domination des comtes de Toulouse. En 1246, l'héritière du comté de Toulouse, Béatrice de Provence, prit pour époux Charles d'Anjou. La Provence entra alors dans la maison d'Anjou, qui y mena une politique d'ordre et de paix. C'est peu après qu'Avignon devint la résidence des papes. À partir de 1309, en effet, le pape Clément V résida en Comtat venaissin sous la protection du roi de France. Cette présence de la papauté en Avignon dura près d'un siècle et permit un essor considérable de la ville. La seconde moitié du XIVe siècle fut pour la Provence une période difficile comme pour le reste de l'Europe. Ravagée par la Grande Peste apparue en 1348, la région connut également la famine et les pillages menés par les grandes compagnies de brigands. La reine Jeanne de Provence, arrière-petite-fille de Charles d'Anjou, fut assassinée en 1382. La Provence fut alors déchirée dans une violente guerre de succession qui vit triompher Louis II d'Anjou, neveu du roi de France Charles V. René Ier le Bon, duc d'Anjou, second fils de Louis II, hérita de la Provence en 1434. Sous son règne, la région connut de nouveau la paix et la prospérité avant de passer, en 1481, aux mains de Louis XI. Son histoire se confondit alors avec celle du royaume de France. Au XVIe siècle, la Provence fut l'un des grands foyers de la Réforme en France. Le protestantisme se répandit en particulier à l'ouest du Rhône, dans les Cévennes et le Vivarais notamment. Orange, principauté appartenant à la famille de Nassau, devint l'un des bastions protestants en Provence. La région fut donc longuement déchirée par les guerres de religion. La tranquillité ne revint vraiment qu'au XVIIIe siècle, moment où la région connut un véritable âge d'or agricole et commercial. Cependant, au XIXe siècle, la Provence resta à l'écart du mouvement d'industrialisation que vécut alors la France. Marseille, qui avait été avant la Révolution française l'un des tout premiers ports européens, se remit difficilement du blocus continental et ne retrouva vraiment la prospérité qu'avec le développement de la colonisation française en Afrique du Nord. La Provence fut, en août 1944, le cadre du débarquement de Provence. À partir du 15 août 1944, 500 000 soldats alliés débarquèrent sur les côtes provençales pour libérer l'Europe occidentale de l'emprise de l'Allemagne nazie et faire jonction avec les troupes débarquées en Normandie à partir du 6 juin 1944. Cet ancien comté doit son nom à sa première capitale, Venasque. Inclus dans le marquisat de Provence, il passa aux comtes de Toulouse en 1125 puis fut réuni à la couronne de France en 1271. Philippe III le Hardi le céda au pape Grégoire X en 1274. En 1305, le pape Clément V, français, décida d'échapper aux luttes de partis qui déchiraient Rome en s'installant à Avignon, qui dépendait du comte de Provence. Dès lors, les papes français séjournèrent souvent dans le Comtat, qui connut ainsi pendant plus d'un siècle une période d'éclat culturel et de tolérance religieuse (les Juifs furent protégés par le pape d'Avignon). Le Comtat venaissin resta sous l'autorité pontificale jusqu'en 1791, date à laquelle il fut rattaché à la France. Carpentras en fut la capitale à partir de 1320, supplantant Pernes. Source : Encyclopédie Microsoft® Encarta®
2002 en ligne
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